Le terme theravāda signifie littéralement « la voie (vāda) des anciens (therā) ».

 

Thera est l’équivalent dans la langue du Bouddha du sanskrit sthavira (« ancien ») ; un thera est soit un moine bouddhiste (bhikkhu) ayant une certaine ancienneté d’ordination dans la communauté, soit au sens large un bhikkhu respectable et vénérable.

 

Dans l’expression theravāda, les therā sont en fait l’élite des premiers disciples du Bouddha : selon la tradition, environ cent ans après la mort du Bouddha, un groupe majoritaire (mahā-sanghika) se sépara de la communauté originelle, ancienne, donc des therā ; la communauté originelle, ayant survécu à la scission, s’est maintenue jusqu’à nos jours en conservant l’intégralité de ses textes ; le premier courant schismatique se scinda, lui, en une multitude d’écoles dont, pour la plupart, il ne subsiste que peu de traces.

 

Afin d’éviter l’écueil constitué par le fait que tout groupe religieux a tendance à se considérer comme celui qui préserve la doctrine la plus ancienne et la plus pure, plutôt que de bouddhisme « originel », il semble préférable de parler du bouddhisme « le plus ancien », du « bouddhisme des Therā », de la « Voie des Therā », voire de « l’ordre des Therā » pour souligner l’importance que revêtent pour cette tradition les lignées d’ordination, garantes d’une transmission et d’une pratique rigoureuses des enseignements. Le terme d’ « ordre » sera en tout cas préféré à celui d’« école », ce dernier terme suggérant un accord sur des thèses et des idées, alors que le ciment de cette tradition repose bien plus fortement sur le respect d’un même ensemble de règles, d’un même vinaya.

 

Le bouddhisme Theravāda est parfois appelé « bouddhisme du sud » ou « école du sud » par référence au fait que cette tradition, après sa disparition du nord de l’Inde, a durant des siècles été préservée à Ceylan avant de rayonner en Birmanie, au Siam, au Cambodge et au Laos ; cette appellation est largement erronée dans la mesure où le bouddhisme des Therā est né et s’est développé durant plus d’un millénaire dans le nord de l’Inde, dans la mesure également où ses terres ultérieures d’adoption sont majoritairement situées à l’est (Birmanie, Thaïlande, Cambodge, Laos).

 

Le terme hīnāyāna (« petit véhicule » ou « petite voie », le mot yāna étant ambigu), utilisé par les traditions rivales tardives pour qualifier la Voie des Therā, est un qualificatif péjoratif, à proscrire absolument.

 

Si le singulier est employé pour parler de la tradition Theravāda, cela ne signifie pas que soit ignorée la variété que voile cette appellation, une variété qui se conjugue au religieux (sous la forme de lignées d’ordination, les nikāyā, et de sous-lignées), au culturel (sous la forme de traditions locales) et au politique (sous la forme de traditions nationales) ; la variété que recouvre (au sens propre comme au sens figuré) cette voie se traduit par une multitude de nuances, principalement dans la forme des pratiques et la nature des techniques de méditation.

 

 

 

 

Qu'est-ce que le bouddhisme Theravāda ?